Les conditions pour engager une saisie bancaire

La saisie-attribution ne peut être engagée que si trois conditions sont réunies cumulativement :

  1. Avoir un titre exécutoire valide (jugement définitif, acte notarié, ordonnance d'injonction de payer non frappée d'opposition)
  2. Connaître la banque du débiteur (identification via interrogation des fichiers FICOBA ou enquête patrimoniale)
  3. Mandater un commissaire de justice pour signifier l'acte de saisie

Étape 1 - La signification à la banque

Le commissaire de justice signifie l'acte de saisie au siège de la banque du débiteur (ou à son agence centrale). Dès la signification, la banque a l'obligation légale immédiate de bloquer les sommes disponibles sur le compte du débiteur, dans la limite du montant de la créance signifiée.

Effet attribution immédiat : à la seconde où la banque reçoit l'acte, les fonds saisis sortent juridiquement du patrimoine du débiteur et deviennent attribués au créancier.

Étape 2 - La déclaration de la banque

Sous 24 heures, la banque doit fournir au commissaire de justice :

  • Le solde disponible au moment de la saisie
  • Les opérations en cours (chèques émis, prélèvements programmés, virements en attente)
  • L'existence éventuelle d'autres comptes au nom du débiteur

À noter : le solde bancaire insaisissable (SBI) reste à la disposition du débiteur. En 2026, il correspond au montant du RSA pour une personne seule (≈ 635 €) et permet de subvenir aux besoins essentiels.

Étape 3 - La dénonciation au débiteur (sous 8 jours)

Dans les 8 jours suivant la signification à la banque, le commissaire de justice doit dénoncer la saisie au débiteur. Cet acte informe le débiteur de la saisie et lui indique son droit de contestation.

À défaut de dénonciation dans ce délai, la saisie est caduque - autrement dit, les fonds bloqués sont libérés et le créancier perd le bénéfice de la saisie. C'est un délai impératif.

Étape 4 - Le délai de contestation (1 mois)

Le débiteur dispose d'un mois pour contester la saisie devant le juge de l'exécution. Les motifs recevables sont limités :

  • Contestation du montant de la créance
  • Erreur sur la personne (homonymie)
  • Insaisissabilité de certaines sommes (allocations familiales, RSA, certaines pensions)
  • Vice de procédure (signification irrégulière, dénonciation tardive)

Si aucune contestation n'est introduite dans le mois, ou si la contestation est rejetée, le commissaire de justice peut demander à la banque le paiement des sommes saisies.

Étape 5 - Le paiement effectif

Sur présentation d'un certificat de non-contestation, la banque verse les sommes saisies au créancier (en pratique au commissaire de justice qui les reverse). La procédure complète prend en moyenne 6 à 8 semaines, de la signification au virement effectif.

Combien ça coûte et qui paie ?

Une saisie-attribution suit le tarif réglementé : comptez 180 à 350 € HT selon les diligences. Ces frais sont à la charge du débiteur (art. L. 111-8 CPCE). Si la saisie est fructueuse, ils sont récupérés en sus du capital. Si la saisie est infructueuse (compte vide), ils restent à la charge du créancier - ce qui justifie une enquête patrimoniale préalable.